MATIÈRE · STRUCTURE · FORCE
UN LANGAGE DE PRÉSENCE PAR LA MATIÈRE
Né en 1985 en Guadeloupe. Pas d'école, pas d'institution, aucune permission demandée. Gary Pico vit et travaille en Suisse — une distance qui n'a jamais effacé les Caraïbes. Elles sont devenues la blessure qui s'est transformée en langage.
Sa pratique oscille entre peinture, sculpture et installation. Des couches de papier recyclé, de résine, de pigments et d'objets trouvés construisent des surfaces aussi archéologiques que picturales. Chaque figure porte en elle ce que le langage n'a pas réussi à retenir.
« L'art n'est pas simplement la capture d'un instant — c'est une construction lente, un éveil, une transformation. Je donne à mes personnages une éternité pour respirer. »
Chaque feuille de papier dans ses toiles a été touchée, pliée, lue. Elle portait des nouvelles qui ont mis quelqu'un en colère. Des lettres qui ont fait pleurer quelqu'un. Il ne recycle pas ces matériaux. Il les prolonge. La toile devient un reliquaire — un lieu où ce qui a été oublié est rendu permanent.
Papier. Résine de bois. Pigment. Objets trouvés. Il pousse chaque matériau au-delà de ce pour quoi il a été conçu — et ce qui survit à cette pression devient l'œuvre. La fragilité transformée en structure. Le déchet transformé en forme. Le processus reflète la vie : la force forgée à partir de ce qui aurait dû être jeté.
Couche après couche — papier, résine, pigment — un visage est construit jusqu'à ce qu'il tienne son propre poids. Les yeux ne sont pas rendus. Ils sont construits. Se tenir devant l'une de ces figures, c'est être tenu responsable. Elles ne vous laissent pas passer.
Ce qui survit à la pression — c'est l'œuvre.
Situé à Hauterive, dans le canton de Fribourg, mon atelier s'enracine dans un paysage de calme et d'horizons vastes. Ici, le silence, la lumière et la nature nourrissent directement le processus créatif.
Pas d'atelier. Pas de bourse. Pas de plan. Juste une première toile et un homme qui n'avait pas d'autre choix que de créer. Genesys n'est pas une question de maîtrise — c'est une question de nécessité. Ces œuvres ne savaient pas ce qu'elles devenaient. C'est exactement ce qui les rend irremplaçables. Elles portent tout le poids d'un commencement.